Mobilisation des Offices contre le prélèvement de l’Etat sur les HLM
Les bailleurs sociaux, très inquiets pour l’avenir du logement social se mobilisent contre cette politique de rigueur.
Face aux décisions budgétaires prises par l’Etat qui impliquent non seulement une taxe sur les HLM de 245 M€ mais d’autres mesures fortement pénalisantes pour la construction de nouveaux logements telles que le relèvement du taux de TVA de 5,5% à 7%, les bailleurs sociaux, très inquiets pour l’avenir du logement social se mobilisent contre cette politique de rigueur à tout-va aux effets néfastes et contreproductifs.
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Conférence de presse avec Didier Manier, président de Partenord Habitat et Alain Cacheux, président de Lille Métropole Habitat |
Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi, côte à côte, Alain Cacheux, Président de la Fédération nationale des Offices publics de l’habitat, Président de Lille Métropole Habitat et Didier Manier, Président de Partenord Habitat, ont dénoncé d’une même voix, les choix du gouvernement qui impacteront une fois de plus les familles les plus modestes.
« Cette taxe estimée à plus de 4,8 millions pour notre Office est inacceptable et revient à prélever directement dans la poche de nos clients-locataires puisque le budget de l’Office est constitué à 98% des loyers de nos locataires » explique Didier Manier
Le mécontentement partagé par l’ensemble des Offices ne s’arrête pas là car en plus de cet impôt censé couvrir les impayés de l’Etat, le tableau présentant le budget 2012 s’annonce noir. Couplé à la baisse drastique des aides à la pierre (qui ont baissé de moitié en 3 ans), ce prélèvement implique que, pour les années à venir, le financement du logement social reposera majoritairement sur les organismes HLM et leurs locataires et non plus sur la solidarité nationale. A cela s’ajoutent les dépenses supplémentaires imposées par le plan de rigueur comme la hausse de la TVA à 7% qui nous touchera de plein fouet. Autant de mesures brutales qui auront pour effet direct de diminuer de manière conséquente les moyens disponibles pour l’entretien des logements et l’accompagnement social des familles.
Cette diminution des moyens de l’organisme influencera aussi la politique d’investissement en matière de construction neuve, chaque euro prélevé ayant pour effet de diminuer la capacité d’investissement de Partenord.
« Cela représente la construction de 325 logements en moins » pointe le Président. Ce prélèvement aurait donc pour effet collatéral de pénaliser l’activité économique locale au moment où la région en a le moins besoin.
« L’Union Sociale de l’Habitat, a donné les chiffres, sur le plan national, 245M€ ce sont 15 000 logements sociaux neufs qui ne seront pas financés. Pour les entreprises du bâtiment cela représente, 2,4 milliards d’euros de travaux en moins soit plus de 25 000 emplois».
Des conséquences que les bailleurs sociaux ne peuvent accepter, aussi ils demandent à l’Etat de revoir sa copie en renonçant à ces mesures iniques, stipulant :
« Ce sont les plus précaires, les plus modestes qui risquent une fois de plus de payer le prix d’une politique injuste, aveugle et inefficace ».
Crédits photos: Lille Métropole Habitat
